Discours de haine.. Tribalisme.. Ensauvagement.. Xénophobie.. Suprémacisme.. Rétrograde.. Progressiste.. Voici quelques expressions importées désormais inévitables dans le discours d’animation de la scène sociopolitique de notre pays. Un lamentable copier-coller bien loin de refléter la réalité de nos interactions ethno-tribales. Autrement, peut-on chez nous parler de déclin démographique, de vague migratoire, de théorie du grand remplacement, ou de sans-papiers ? Assurément non !!!
D’autres expressions, de couleurs plus locales celles-là, viennent aussi rétrécir l’horizon intellectuel de nos concitoyens. Il s’agit notamment de »camerounais lambda.. homme de la rue », et encore une flopée de joyeusetés langagières, toutes aussi aliénantes et méprisantes les unes que les autres.
L’objectif manifeste de ces biais cognitifs d’insidieuse intentionnalité, serait d’instiller dans les esprits, les germes de l’insinuation, du soupçon, de la méfiance et de la défiance mutuelle entre les composantes de notre peuple, entre celui-ci et nos Institutions républicaines.
Dans le cas d’espèce, nos forces de maintien de l’ordre en prennent pour leur grade. Ainsi du terme »exactions », abondamment imputé aux défenseurs de la Patrie. Ce vocable est pourtant inconnu au bataillon. Ce qui en tient lieu constitue pour le soldat, des fautes contre l’honneur, la probité et l’uniforme. Actes passibles de procès par devant les Tribunaux militaires.
Il y a aussi le terme ‘’dégât collatéral’’, d’ordinaire employé pour qualifier les atteintes involontaires à l’intégrité des personnes ou des biens, se trouvant à proximité d’une cible légitime faisant l’objet d’un traitement approprié.
Mais bien qu’il soit un aléa d’occurrence plutôt courante dans les opérations armées sous d’autres cieux, le dégât collatéral ainsi défini, est pour les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises, un cas de figure des plus rédhibitoires, et dans toutes les hypothèses, justificatif soit de l’annulation d’une mission en projection, soit de l’arrêt d’une mission en cours. Et ce, sans préjudice d’éventuelles et opportunes poursuites judiciaires.
Il est ainsi permis de constater que, ni dans le Code de justice militaire, encore moins dans le Code pénal, les deux instruments juridiques auxquels le soldat est astreint, nulle part il n’est fait mention de dégât collatéral, humain ou matériel, comme d’une circonstance atténuante aux peines encourues par les auteurs de pareils crimes. La double légitimité institutionnelle et populaire de l’Armée camerounaise est à ce prix.
Professionnalisme oblige, la culture d’un esprit de proportionnalité et de discrimination dans l’application de la force demeure en effet, un élément déterminant autant dans la formation du soldat camerounais, que dans la définition d’une mission.
En respect du principe selon lequel il n’est point besoin d’un marteau pour tuer une mouche, le recours aux armes lourdes ou à des frappes massives est strictement prohibé, en particulier pour ce qui est des opérations anti-terroristes menées sur le territoire national. Ce qui par conséquent, justifie l’emploi régulier d’équipes légères dans la recherche et la neutralisation sélective d’individus dangereux.
Cette réalité est en tout point opposable aux abstractions cinématographiques échafaudées par les experts en recherche de notoriété, qui enfument sans aucune vergogne l’intelligence de nos populations, par le truchement des ondes de radio et des plateaux de télévision en quête d’audience.
Le souci premier, l’impératif majeur de nos Forces de Défense et de Sécurité reste et demeure la protection des personnes et de leurs biens. C’est pour ce seul objectif que nos soldats relèvent les défis, bravent les dangers, et au besoin, sacrifient leurs vies. /-
Capitaine de Vaisseau
ATONFACK GUEMO
Chef de Division de la
Communication – MINDEF
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