C’est un coup de théâtre politique qui s’est joué ce samedi 19 juillet 2025 à Yaoundé. Face à une presse nombreuse et attentive, le professeur Maurice Kamto a officiellement annoncé avoir démissionné du MRC depuis le 25 juin 2025, avant d’adhérer au MANIDEM le 27 juin et d’être investi candidat à la présidentielle du 12 octobre, le 16 juillet dernier. Une rupture nette, assumée, qui redessine le paysage politique à quelques mois du scrutin.





L’ancien leader du MRC, désormais homme fort du MANIDEM, n’a pas mâché ses mots. Visiblement remonté, il a dénoncé la campagne d’intimidation dont il se dit victime depuis la mise en circulation publique de son numéro de téléphone. « Je reçois tellement de messages… Mais ce qui me déçoit, c’est que certains de ces compatriotes, quand on leur donne des responsabilités, ils cèdent à la corruption. Est-ce normal ? » interroge-t-il, sur un ton grave.
Revenant sur son départ du MRC, Kamto balaie d’un revers les spéculations : « Ce que le MRC fait après moi ne me regarde pas. » Interrogé sur un possible retour s’il venait à être élu président, il répond sans s’engager : « On avisera. » À ceux qui doutent de la validité de sa candidature, il lance un message de confiance : « Je ne suis pas de ceux qui vont à un examen en prédisant leur propre échec. Ma candidature sera validée. » Et d’ajouter, avec une pointe d’ironie : « Il y a 25 candidats, mais on veut faire croire qu’un seul a un problème. Cela me réjouit, car même dans leur propre scénario, ils savent que je suis le vainqueur. »
L’ancien ministre délégué à la Justice a également tendu la main à tous les Camerounais, y compris aux cadres frustrés du RDPC : « Je compte sur eux et sur tous les Camerounais pour porter ma candidature. Si je suis élu, nous allons reconstruire ce pays dans l’ordre, la discipline, la justice et la confiance, pour un Cameroun souverain et respecté. » Avec le soutien d’un parti qui dispose d’élus, Kamto estime être désormais dans une position légitime pour faire face, et appelle les partisans du changement à rester calmes et patients : « Je serai bel et bien candidat à l’élection présidentielle de 2025. »
Alors que la scène politique camerounaise s’anime autour des candidatures en attente de validation, Maurice Kamto signe son retour au premier plan avec une nouvelle bannière, un discours combatif et une stratégie affirmée. Le compte à rebours est lancé.
![]()




