Plus de 60 ans après les faits, le président français a reconnu, dans un courrier adressé à son homologue camerounais, la réalité d’une guerre sanglante menée entre 1945 et 1971, et assumé la responsabilité de la France dans certaines violences. Un tournant historique dans la relation entre Paris et Yaoundé.
Le 12 août 2025 marque un jalon majeur dans les relations franco-camerounaises. Emmanuel Macron a adressé une lettre officielle au président de la République du Cameroun, revenant sur les conclusions de la Commission mixte franco-camerounaise, mise en place pour faire la lumière sur le rôle de la France dans la lutte contre les mouvements indépendantistes au Cameroun, entre 1945 et 1971.
Dans ce courrier, le président français reconnaît que « une guerre avait eu lieu au Cameroun », précisant que les autorités coloniales et l’armée française avaient exercé « des violences répressives » dans plusieurs régions du pays, même après l’indépendance en 1960.
Des épisodes tragiques pointés
Le rapport de la Commission mentionne notamment :
• Le massacre d’Ekité, le 31 décembre 1956.
• Les assassinats de quatre leaders indépendantistes : Isaac Nyobè Pandjock, Ruben Um Nyobè, Paul Momo et Jérémie Ndéléné.
• Les émeutes meurtrières de Douala en septembre 1945.
Concernant l’assassinat de Félix-Roland Moumié en 1960 à Genève, le chef de l’État français note l’absence de preuves nouvelles dans les archives françaises et rappelle le non-lieu rendu par la justice suisse en 1980.
Des engagements concrets
Emmanuel Macron promet :
• L’accès facilité aux archives françaises.
• La création d’un guide numérique pour les chercheurs.
• Un renforcement de la coopération universitaire et culturelle autour de cette mémoire partagée.
• La mise en place d’un groupe de travail annuel entre les deux pays.
Un tournant mémoriel et diplomatique
Cette reconnaissance officielle s’inscrit dans une volonté de « réconciliation des mémoires », avec l’espoir de bâtir un avenir commun apaisé. La France et le Cameroun entendent ainsi prolonger le travail historique, académique et artistique engagé depuis 2022.
« Je suis convaincu que ces travaux vont nous permettre de continuer à bâtir l’avenir ensemble », conclut Emmanuel Macron.


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