Le chantier de la route Babadjou–Welcome to Bamenda s’impose comme l’un des symboles les plus tangibles de la volonté de l’État camerounais de restaurer la confiance et de relancer l’économie dans une région longtemps éprouvée par l’insécurité. Inscrit dans le vaste corridor routier reliant Yaoundé à Enugu au Nigéria, ce projet illustre la stratégie du gouvernement de transformer le Nord-Ouest en un véritable carrefour d’échanges interrégionaux et transfrontaliers.
Dès 2016, alors même que le contexte demeurait marqué par des tensions, le chef de l’État, Son Excellence Paul Biya, a prescrit un plan de reconstruction intégrant des infrastructures majeures pour soutenir la mobilité, stimuler les bassins de production et favoriser la connectivité avec les routes nationales et nigérianes. La réhabilitation du tronçon Babadjou–Matazem–Welcome to Bamenda constitue aujourd’hui l’une des concrétisations les plus éloquentes de cet engagement. Financé à hauteur de 171,4 milliards de francs CFA toutes taxes comprises, dans le cadre du Projet de développement du secteur des transports et avec l’appui de la Banque mondiale, ce programme traduit la détermination du gouvernement à faire de la route un vecteur de paix et de prospérité.
Au-delà de son impact économique, l’ouvrage s’affirme comme un levier social. Plus de cinq cents emplois directs et indirects sont générés, offrant des opportunités professionnelles aux jeunes et améliorant sensiblement les conditions de vie des populations riveraines. L’aménagement de ce tronçon s’inscrit par ailleurs dans un effort plus vaste qui a déjà permis la construction ou la modernisation de plusieurs axes stratégiques, tels que Bamenda–Batibo–Numba, Numba–Bachuo Akagbe, Mamfe–Ekok, ou encore Yaoundé–Bafoussam–Babadjou, sans oublier le pont sur la Cross River. À ces réalisations routières s’ajoutent de nombreuses infrastructures socio-économiques – écoles, centres de santé intégrés, structures de promotion de la femme et centres multifonctionnels pour jeunes – qui participent à la résilience des communautés et à la consolidation du tissu social.
La route Babadjou–Welcome to Bamenda dépasse ainsi la simple fonction de corridor logistique : elle est un signe de normalisation, un gage de développement et un vecteur d’intégration régionale. En renforçant les échanges commerciaux entre le Cameroun et le Nigéria, elle incarne l’ambition d’un pays qui, malgré les défis, persiste à relier ses territoires et à bâtir un avenir de stabilité et de croissance partagée.
Carole Tamba









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