Le Cameroun vient d’inscrire une étape décisive dans sa marche vers la modernisation de son secteur électrique en procédant, en marge de la 79ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, au lancement solennel de son Compact énergétique. Soutenue par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et Bloomberg Philanthropies, cette initiative confère au pays une visibilité mondiale et affirme sa détermination à conjuguer transition énergétique et croissance économique.
Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, et son homologue des Finances, Louis Paul Motaze, ont porté la voix de Yaoundé devant un parterre de décideurs internationaux réunis à l’invitation de Bloomberg Philanthropies. Ils ont exposé une ambition claire : connecter plus de huit millions de Camerounais supplémentaires au réseau électrique d’ici 2030, porter la capacité installée nationale à trois mille mégawatts grâce à de nouveaux barrages hydroélectriques et centrales solaires hybrides, étendre les lignes de transport à haute tension, sécuriser l’approvisionnement urbain et périurbain pour réduire durablement les délestages, et garantir l’accès à une cuisson propre à quarante pour cent des ménages, condition essentielle à la lutte contre la déforestation et à la préservation de la santé publique.
Fruit d’un patient travail collectif, ce Compact a suivi un parcours méthodique. Après l’adhésion du Cameroun à l’initiative Mission 300 par la signature de la Déclaration de Dar es Salam en janvier 2025, le pacte a été élaboré de façon participative avec les acteurs publics, le secteur privé et la société civile. Il a été présenté aux réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, puis au Sommet africain de l’énergie à Cape Town, avant d’être adopté en Conseil de cabinet le 28 août et diffusé auprès des partenaires techniques et financiers à Yaoundé le 10 septembre.
Au-delà de son impact national, le Cameroun se positionne comme un futur pôle énergétique d’Afrique centrale, apte à alimenter en électricité fiable et compétitive l’ensemble de la sous-région CEMAC et à contribuer aux objectifs de Mission 300, qui vise l’électrification de trois cents millions d’Africains d’ici 2030. En choisissant New York, haut lieu de la diplomatie multilatérale, pour lancer ce programme structurant, Yaoundé affirme son engagement résolu en faveur d’une énergie durable, inclusive et compétitive, véritable levier de transformation socio-économique et de lutte contre le changement climatique.
Carole Tamba


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