Formation militaire : Une nouvelle promotion dans les rangs de l’ESIG

Dans un monde en perpétuelle mutation, traversé par la montée des tensions géopolitiques et la redéfinition des rapports de puissance, l’École Supérieure Internationale de Guerre (ESIG) de Yaoundé s’impose comme un pôle d’excellence et de rayonnement au service de la formation stratégique africaine. Véritable laboratoire de pensée militaire et d’ingénierie de défense, l’institution incarne la volonté d’une Afrique qui entend maîtriser ses défis sécuritaires et affirmer sa souveraineté intellectuelle dans la gestion des crises contemporaines.

Le vendredi 3 octobre 2025, la prestigieuse école a solennellement lancé la rentrée académique de sa vingt-et-unième promotion, symboliquement baptisée « ère nouvelle ». Forte de cinquante-sept auditeurs sur un effectif projeté de soixante et un, dont huit femmes, cette promotion regroupe des officiers supérieurs issus du Cameroun, du Congo, du Tchad, du Gabon, de la République Centrafricaine, du Sénégal, du Niger, du Mali, du Burkina Faso, du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria, de la Guinée, du Liberia, de la Sierra Leone, du Kenya, de la Tanzanie, de l’Ouganda, de l’Éthiopie, du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de la France et de la Belgique, représentant ainsi vingt-six nationalités. Pendant onze mois, ces cadres suivront un cycle rigoureux de perfectionnement stratégique, technique et opérationnel, conformément à la Directive d’Enseignement et de Fonctionnement (DEF), afin d’acquérir les compétences nécessaires à la conception et à la conduite des politiques de défense du XXIᵉ siècle.

La cérémonie, présidée par le Secrétaire d’État à la Défense chargé de la Gendarmerie nationale, Galax Yves Landry Etoga, représentant le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, a rassemblé de hautes personnalités du monde militaire, universitaire et diplomatique. Dans un discours empreint de gravité et de fierté, le Général de Brigade Valère Nka, Commandant de l’ESIG, a rappelé les valeurs cardinales de l’école : discipline, abnégation, excellence et sens du devoir. Il a exhorté les auditeurs à la cohésion et à la rigueur morale, insistant sur le fait qu’« être officier d’état-major, c’est conjuguer savoir, éthique et loyauté au service de la nation ».

Moment fort de cette rentrée, la leçon inaugurale du Pr Yebega Ndzana Nicolas Junior, maître de conférences à l’Université de Douala, a porté sur le thème : « Nouvel ordre mondial : jeux et enjeux de puissance des acteurs étatiques. Quelle voie pour l’Afrique ? » Dans une réflexion dense et prospective, il a invité les décideurs africains à rompre avec les logiques de dépendance et à construire une diplomatie continentale de puissance fondée sur la pensée stratégique et la coopération entre États.

Clôturée par une photo de famille empreinte de solennité, cette journée marque bien plus qu’une rentrée : elle consacre la mission historique de l’ESIG, celle de forger une élite militaire panafricaine lucide, éthique et visionnaire, apte à défendre les intérêts du continent et à y inscrire durablement l’Afrique comme un acteur majeur du nouvel ordre mondial.

Bissa Crescencia

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