Le COMSTECH, principal organe scientifique de l’OCI, a joué un rôle stratégique à la COP30 (Belém, Brésil, 11 au 21 novembre 2025 ). Sa participation a positionné l’espace OIC comme acteur majeur de la diplomatie scientifique climatique, axée sur les Sciences, Technologies et Innovations (STI). Le COMSTECH a promu le renforcement des capacités et l’identification de technologies, notamment l’économie circulaire japonaise.
La 30ᵉ Conférence des Parties (COP30) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), tenue à Belém au Brésil du 11 au 21 novembre 2025, a marqué un tournant historique en positionnant les Sciences, Technologies et Innovations (STI) comme les leviers prioritaires de l’action climatique mondiale. Organisée au cœur de l’Amazonie, cette édition a mis en exergue des solutions de nouvelle génération, allant de la modélisation climatique avancée à l’intelligence artificielle (IA), en passant par l’hydrogène bas-carbone et l’agriculture climato-intelligente. C’est dans ce contexte que la participation active du COMSTECH, principal organe scientifique de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), a permis de positionner l’espace OIC comme un acteur stratégique de la diplomatie scientifique climatique.
La présence du COMSTECH à Belém s’est inscrite dans une mission centrale : renforcer la place des STI comme leviers structurants de l’action climatique dans les pays membres de l’OCI. L’objectif principal de la mission était de représenter et valoriser le dynamisme du COMSTECH dans la promotion des STI appliquées au climat, tout en identifiant les solutions technologiques innovantes pour un transfert, une adaptation ou une implantation dans les pays de l’OCI. Ces solutions ciblent notamment les énergies renouvelables, l’IA climatique, la gestion de l’eau, l’agriculture intelligente et les systèmes d’alerte précoce.
Au cours des panels scientifiques de la COP30, le COMSTECH a mis en avant ses réalisations concrètes, citées comme des modèles de diplomatie scientifique appliquée au développement. Parmi elles, figurent le renforcement des capacités scientifiques (formations sur la rédaction de projets bancables), le Programme national STEM – IA pour la sensibilisation des jeunes aux technologies vertes, et le lancement d’une Plateforme « OCI-COMSTECH Expert service » regroupant un réseau solide d’experts. Cette démarche a permis de légitimer la position de l’OCI avec un leadership reposant sur une stratégie claire : renforcer la souveraineté scientifique des États membres grâce à la formation, au partage technologique et à la mise en réseau.
Échanges stratégiques et partenariats d’innovation
Le rôle stratégique du COMSTECH s’est manifesté à travers des échanges approfondis avec des délégations et institutions internationales majeures14. Les discussions avec les partenaires européens ont été axées sur la coopération en technologies vertes (stockage énergétique, gestion des déchets) et les programmes de formation pour chercheurs africains15.
La présence du COMSTECH a permis d’explorer des innovations clés, notamment celles présentées par le Japon16. Le modèle japonais pour la transformation des déchets organiques en énergie propre (biométhane, biochar, bioéthanol) via la digestion anaérobie et la pyrolyse a retenu une attention particulière. Cette approche intégrée d’économie circulaire est considérée comme un potentiel considérable pour les États de l’OCI confrontés à la pression des déchets urbains, aux défis de la transition énergétique et à la nécessité de moderniser leurs systèmes d’assainissement.
D’autres échanges ont eu lieu avec :
- La Chine, qui s’affirme comme un acteur central dans la diplomatie climatique, promouvant ses technologies bas-carbone et renforçant son soft power climatique
- Les États-Unis (USAID, NSF), avec des discussions sur les projets pilotes d’énergies renouvelables et l’intégration des experts COMSTECH dans les consortiums de recherche climatique.
- Les institutions multilatérales (BM, BAD), avec un accent mis sur le financement direct des projets climat-STI et la reconnaissance du modèle COMSTECH (science + diplomatie + coopération technologique).
Vers une nouvelle architecture de coopération climat-science
En définitive, la COP30 a démontré que les avancées climatiques ne proviendront pas uniquement des débats politiques, mais de la capacité des nations à mobiliser leur intelligence collective et leurs ressources scientifiques. La présence active du COMSTECH à Belém a mis en évidence le potentiel scientifique sous-exploité de l’espace OIC Afrique Centrale et la nécessité d’accélérer la mise en œuvre de solutions adaptées aux réalités des pays du Sud.
Le rôle du COMSTECH est jugé déterminant pour accompagner, structurer, fédérer et soutenir les États membres dans leurs ambitions climatiques. Grâce aux partenariats engagés à Belém, notamment pour l’accès aux technologies climatiques avancées (gestion des risques naturels, agriculture intelligente, transformation des déchets en énergie) et le renforcement des capacités scientifiques (bourses de formations, programmes STEM), l’organe est désormais mieux placé pour impulser une nouvelle architecture de coopération climat-science dans l’espace OCI. Le succès de la diplomatie scientifique passera par la traduction des opportunités observées en projets pilotes, en feuilles de route ministérielles et en actions concrètes
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C’est fascinant de voir comment le COMSTECH facilite enfin le transfert de technologies vertes vers l’espace OIC. En tant que chercheur intéressé par ces nouveaux partenariats entre le Cameroun et l’étranger, je me demande comment ces initiatives comptent soutenir la mobilité des experts. Est-ce que des solutions de résidence administrative ou fiscale pour les innovateurs, comme on peut en voir sur https://e-residence.com/es/ pour d’autres régions, sont envisagées pour fluidifier ces échanges de compétences STI entre les pays membres ?