Célestine Ketcha Courtès : une figure féminine influente de la gouvernance urbaine au Cameroun

Ministre de l’Habitat et du Développement urbain depuis janvier 2019, Célestine Ketcha Courtès s’impose comme l’une des personnalités féminines les plus en vue de la scène politique camerounaise. Née le 13 octobre 1964 à Maroua, elle incarne un parcours mêlant entrepreneuriat, engagement politique local et responsabilités gouvernementales, avec une influence qui dépasse les frontières nationales, notamment à travers son action au sein du Réseau des Femmes Élues Locales d’Afrique (REFELA).

Formée en techniques commerciales et en commerce-économie après l’obtention d’un baccalauréat A4, Célestine Ketcha Courtès débute sa carrière professionnelle aux Cimenteries du Cameroun, où elle exerce comme cadre commercial et marketing. Cette expérience dans le secteur privé constitue le socle de son orientation vers les affaires, avant son entrée plus affirmée dans la vie publique.

Son engagement politique prend corps à Bangangté, dans la région de l’Ouest, où elle milite activement au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Élue maire de cette commune en 2007, elle occupe cette fonction pendant plus d’une décennie, jusqu’en 2018. À la tête de la municipalité, elle se distingue par une gestion axée sur le développement local et l’amélioration des services urbains, ce qui lui vaut une notoriété croissante sur la scène nationale.

Parallèlement à son parcours municipal, Célestine Ketcha Courtès renforce son leadership continental en accédant, en décembre 2015, à la présidence du REFELA pour l’Afrique centrale, tout en dirigeant la section nationale REFELA-CAM. À ce poste, elle œuvre pour la promotion du leadership féminin et l’autonomisation des femmes élues locales, faisant du plaidoyer pour une gouvernance inclusive un axe central de son action.

Le 4 janvier 2019 marque un tournant décisif dans sa carrière avec sa nomination au poste de ministre de l’Habitat et du Développement urbain par décret présidentiel. À la tête de ce département stratégique, elle pilote des politiques publiques liées à l’urbanisation, à l’aménagement des villes et à l’amélioration du cadre de vie, dans un contexte marqué par une forte croissance démographique et des défis urbains majeurs.

Le parcours de la ministre n’est toutefois pas exempt de controverses. En 2011, elle est impliquée dans l’affaire dite « Queen Fish », à l’issue de laquelle elle est condamnée à une peine de prison avec sursis et à des amendes pour abus de biens sociaux, une décision confirmée en appel en 2015. Plus récemment, certaines déclarations et incidents médiatisés, notamment en 2020 et 2024, ont suscité des débats dans l’opinion publique.

Malgré ces épisodes, Célestine Ketcha Courtès demeure une figure reconnue de la vie publique camerounaise. Elle a été décorée Officier de l’Ordre de la Valeur et Officier de l’Ordre du Mérite Camerounais, distinctions qui saluent son engagement au service de l’État et du développement local. Entre leadership féminin, action gouvernementale et controverses, son parcours illustre les complexités et les enjeux de la gouvernance contemporaine au Cameroun.

T. M

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