Route Edéa–Kribi : l’entretien d’urgence à l’épreuve des contraintes financières et de l’attente de la réhabilitation

Axe stratégique reliant le littoral industriel au port en eau profonde de Kribi, la route Edéa–Kribi traverse une phase critique. Entre travaux d’entretien d’urgence menés avec des moyens limités et un processus de réhabilitation suspendu à l’avis du bailleur de fonds, la dégradation persistante de l’itinéraire continue de pénaliser les usagers et les activités économiques.

La route Edéa–Kribi n’a jamais autant cristallisé les préoccupations des usagers. Hautement sollicitée par les transporteurs desservant le port autonome de Kribi, cette infrastructure stratégique est aujourd’hui marquée par une dégradation avancée qui rend la circulation pénible, voire dangereuse sur certains tronçons.

Le mardi 30 décembre 2025, des engins de l’entreprise SOMAF ont été déployés sur la section Edéa–pont Bivouba pour des travaux d’entretien d’urgence. Ces interventions consistent notamment au bouchage des nids-de-poule, au traitement des zones critiques et à la pose ponctuelle d’une couche de béton bitumineux, dans l’objectif de fluidifier le trafic des nombreux poids lourds qui empruntent quotidiennement cet axe.

Ces travaux s’inscrivent dans le cadre d’un entretien confortatif engagé par le ministère des Travaux publics, en attendant la contractualisation des entreprises chargées de la reconstruction complète de la route. Toutefois, sur le terrain, la mobilisation de l’entreprise reste fortement tributaire de ses capacités financières, mises à rude épreuve par d’importants retards de paiement.

Selon les données disponibles, les décomptes impayés de SOMAF s’élèvent à plus de 1,5 milliard de FCFA sur la ligne Fonds routier, auxquels s’ajoutent plus de 620 millions de FCFA sur la ligne du Budget d’investissement public (BIP). Une situation aggravée par les suspensions exceptionnelles de paiement décidées par le ministère des Finances pour les mois de septembre, novembre et décembre 2025, réduisant considérablement la marge de manœuvre de l’entreprise.

Malgré cette asphyxie financière, SOMAF poursuit tant bien que mal les travaux afin d’assurer la continuité de la circulation, conformément aux orientations du ministre des Travaux publics. Les équipes techniques ont ainsi été instruites de procéder à un relevé exhaustif des dégradations, d’élaborer un schéma détaillé de l’itinéraire et de définir une stratégie d’intervention ciblée sur les points les plus critiques.

Parallèlement, le processus de reconstruction de la route Edéa–Kribi demeure suspendu à l’attente des avis de non-objection de la Banque africaine de développement (BAD), partenaire technique et financier du projet. Un délai qui prolonge l’incertitude autour de la remise à niveau durable de cet axe vital pour l’économie nationale.

En attendant le démarrage effectif des travaux de réhabilitation, l’entretien d’urgence apparaît comme une solution transitoire, insuffisante face à l’ampleur des dégradations, mais indispensable pour maintenir un minimum de fluidité sur l’un des corridors logistiques les plus stratégiques du Cameroun.

T. C

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