La loi de finances 2026 apporte des précisions importantes sur l’imposition des activités numériques au Cameroun, mettant fin à plusieurs interprétations erronées largement relayées sur les réseaux sociaux.
À compter du 1er janvier 2026, l’État camerounais introduit un impôt minimum de 3 % sur le chiffre d’affaires réalisé localement par les entreprises numériques étrangères ne disposant pas de présence physique sur le territoire national. Cette mesure vise les plateformes qui comptent au moins 1 000 utilisateurs au Cameroun ou qui réalisent un chiffre d’affaires annuel hors taxes d’au moins 50 millions de FCFA.
Selon le législateur, cette disposition concerne principalement les grandes plateformes internationales opérant dans les secteurs du streaming, du commerce en ligne ou des réseaux sociaux, et qui tirent des revenus du marché camerounais sans y être établies.
Contrairement à certaines affirmations, la loi de finances 2026 ne crée aucune taxe spécifique destinée aux influenceurs ou aux créateurs de contenus. Pour ces derniers, le critère retenu demeure celui des revenus effectivement générés (publicité, partenariats, prestations ou ventes de services), et non le nombre d’abonnés ou la notoriété en ligne. Comme pour toute activité génératrice de revenus, ces gains restent soumis aux règles générales de l’imposition.
Il convient par ailleurs de rappeler qu’en 2024, la loi de finances avait déjà instauré un taux allégé de 5 % applicable à certains revenus issus des plateformes numériques perçus par des particuliers, notamment dans les domaines de la vente en ligne, des services et de l’économie collaborative. Cette mesure est souvent assimilée, à tort, à une « taxe influenceur ».
À travers ces dispositions, les autorités camerounaises entendent adapter le cadre fiscal à l’évolution de l’économie numérique, tout en renforçant l’équité entre les entreprises locales et les acteurs internationaux opérant sur le marché national.
M. M



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