Recherche scientifique : relance officielle du doctorat au Cameroun

Le gouvernement camerounais relance officiellement les formations doctorales dans les universités d’État. À travers un communiqué signé le 15 janvier 2026, le ministère de l’Enseignement supérieur (MINESUP) annonce l’autorisation d’ouverture des sélections pour les études doctorales au titre de l’année académique 2025/2026.

Cette décision fait suite aux Très Hautes Instructions du Président de la République, Paul Biya, données le 6 novembre 2025, relatives à la relance de la formation doctorale, ainsi qu’aux directives présidentielles transmises au MINESUP par la Présidence de la République.

600 places ouvertes au niveau national

Le Très Haut Accord du Chef de l’État autorise la sélection de 600 candidats pour les études doctorales dans l’ensemble des 11 universités d’État du Cameroun. Le recrutement s’effectuera exclusivement par sélection, conformément à la réglementation en vigueur.

Sont éligibles les titulaires d’un Master Recherche ou d’un diplôme équivalent dans les filières fondamentales ou appliquées. Les Masters professionnels et technologiques sont explicitement exclus. Les candidats doivent justifier d’une note minimale de 12/20 (grade C+), seuil qui peut être relevé par les chefs d’institutions selon les capacités d’accueil et les spécificités des filières.

Toutefois, à titre dérogatoire, certains critères comme le parcours académique remarquable, le genre ou la prise en compte des personnes vivant avec un handicap peuvent être considérés, sous réserve du respect du seuil académique requis.

Encadrement strict et frais universitaires fixés

Le texte introduit également un encadrement plus rigoureux du cycle doctoral. Chaque directeur de thèse ne pourra encadrer plus de trois doctorants camerounais, auxquels peuvent s’ajouter deux doctorants non nationaux, pour l’ensemble des universités d’État, jusqu’à la soutenance du premier des trois doctorants camerounais.

Les étudiants sélectionnés devront s’acquitter de droits universitaires annuels de 50 000 FCFA, à l’exception des étudiants non ressortissants de la CEMAC. Les frais d’encadrement et de soutenance seront, quant à eux, pris en charge par les universités.

Répartition des quotas par université

Les 600 places sont réparties en fonction des capacités d’accueil et d’encadrement des institutions universitaires, ainsi qu’il suit :
• Université de Bamenda : 60
• Université de Bertoua : 30
• Université de Buea : 60
• Université de Douala : 60
• Université de Dschang : 60
• Université d’Ebolowa : 30
• Université de Garoua : 30
• Université de Maroua : 75
• Université de Ngaoundéré : 60
• Université de Yaoundé I : 60
• Université de Yaoundé II : 75

Chaque chef d’institution est chargé de ventiler son quota par spécialité doctorale, en cohérence avec la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30) et les priorités académiques de son université.

Un chronogramme précis à respecter

La coordination nationale du processus est confiée à la Commission nationale de la formation doctorale, placée sous l’autorité du ministre de l’Enseignement supérieur. Cette commission aura pour mission de réguler les admissions, de veiller à la qualité de la formation doctorale et, le cas échéant, d’attribuer des appuis à la recherche.

Le calendrier arrêté prévoit notamment :
• le lancement des appels à candidatures au plus tard le 23 janvier 2026 ;
• la fin des opérations de sélection interne dans les universités au plus tard le 16 février 2026 ;
• la transmission des listes des candidats sélectionnés au MINESUP avant le 25 février 2026.

Avec cette relance des études doctorales, l’État camerounais réaffirme sa volonté de renforcer la recherche scientifique, la formation des élites académiques et l’innovation, piliers essentiels du développement national.

T. C

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