Le journaliste camerounais Brand Kamga est détenu depuis plus de 48 heures à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, dans le cadre d’une procédure judiciaire portant sur des allégations de tentative d’enlèvement d’enfant. Une situation qui suscite de vives réactions dans le milieu médiatique et au sein de l’opinion publique.
Dans une tribune signée Zéphirin Koloko, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qui est présenté comme une détention sans fondement juridique suffisamment établi, évoquant l’absence, à ce stade de la procédure, de preuves matérielles versées au dossier ainsi que la non-comparution de la plaignante devant les autorités judiciaires compétentes.
Selon les avocats du journaliste, ni l’Officier de police judiciaire territorialement compétent ni la juridiction saisie n’auraient été en mesure de produire des éléments probants justifiant le maintien en détention. Pour les soutiens du journaliste, cette situation pose la question du respect des garanties procédurales et de la protection de la liberté de la presse.
Dans le même temps, Maître Étienne, avocat au barreau de Paris et conseil de Denis Gréard, ressortissant français cité dans l’affaire, a tenu à dissocier formellement son client de l’arrestation et de l’incarcération du journaliste. Dans une correspondance adressée aux médias, l’avocat précise que la plainte à l’origine de la procédure émane exclusivement de Madame Annette Josiane Wandji Njikeu.
L’avocat revient également sur le contexte d’une affaire d’escroquerie sentimentale présumée, de falsification de documents administratifs et de reconnaissance de paternité ultérieurement annulée en juillet 2025 par les autorités françaises, selon ses déclarations. Il affirme que son client aurait été victime de pressions et de manipulations, et appelle la justice camerounaise à orienter les investigations vers la plaignante, actuellement présumée hors du territoire national.
Face à ces développements, plusieurs acteurs des médias et de la société civile appellent à une réévaluation rapide du dossier, dans le respect de la loi, de la présomption d’innocence et des libertés fondamentales.
L’affaire Brand Kamga, désormais très suivie, relance le débat sur le traitement judiciaire des professionnels des médias au Cameroun et sur l’équilibre entre impératifs sécuritaires, droits des justiciables et liberté d’informer.
T. C

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