Journée internationale de tolérance zéro aux MGF : le Cameroun réaffirme son engagement pour l’éradication d’ici 2030

Yaoundé, 6 février 2026 – Le Cameroun a commémoré la 19ᵉ Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF) à travers une cérémonie officielle présidée par la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Pr Marie-Thérèse Abena Ondoa née Obama. Placée sous le thème « Investir sur les filles et les communautés pour un avenir sans mutilations génitales féminines », cette rencontre a permis de renforcer la mobilisation nationale contre une pratique encore persistante.

Une mobilisation institutionnelle et communautaire forteLa cérémonie s’est tenue dans la salle de conférences de la Délégation Régionale du MINPROFF pour le Centre, en présence des autorités administratives, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile, ainsi que des apprenantes des Centres de Promotion de la Femme et de la Famille (CPFF) de Yaoundé.

Dans son allocution, la Ministre a rappelé que la lutte contre les MGF dépasse le cadre sanitaire pour s’inscrire dans une dynamique de justice sociale, de dignité humaine et de protection des droits fondamentaux des filles et des femmes. Elle a insisté sur la nécessité d’une transformation des mentalités au sein des communautés, soulignant que la loi, à elle seule, ne saurait suffire. « La sensibilisation est une arme essentielle. Il n’existe aucune justification médicale à cette pratique », a déclaré la Ministre.

L’alerte de l’UNICEF et le rôle clé de l’UNFPA

La lecture de la lettre officielle de l’UNICEF a apporté une dimension internationale à la cérémonie. Selon l’agence onusienne, plus de 4,5 millions de filles dans le monde risquent encore de subir des mutilations génitales en 2026, souvent avant l’âge de cinq ans. Les MGF constituent une violation grave des droits humains, avec un coût médical mondial estimé à 1,4 milliard de dollars par an.

Au Cameroun, le taux de prévalence est estimé à 1,4 %, concentré principalement dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord et du Sud-Ouest. Toutefois, certains quartiers urbains, notamment la Briqueterie à Yaoundé, demeurent des poches de résistance, justifiant des actions de proximité ciblées.

Représentant l’UNFPA, Liliane Munezero, Chargée de Bureau, a mis en avant les actions concrètes de l’agence en faveur des survivantes : « L’UNFPA met en place un paquet de services sanitaires et psychosociaux, complété par un appui à la réintégration économique, afin que chaque femme puisse exprimer pleinement son potentiel ».

Investir dans l’éducation et l’autonomisation pour un changement durable

Cette 19ᵉ édition marque une évolution notable dans l’approche du gouvernement camerounais, désormais axée sur l’éducation, l’autonomisation des filles et l’implication des leaders communautaires. Les échanges ont permis de former les participantes sur les différents types de MGF, les mécanismes de prévention, ainsi que les dispositifs de prise en charge existants.

Malgré les progrès enregistrés, les intervenants ont souligné les défis persistants liés à la baisse des financements internationaux dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, rendant la sensibilisation encore plus cruciale.Témoignage marquant, Marie-Christine, apprenante dans un CPFF, a exprimé son engagement : « Je n’avais jamais entendu parler des MGF auparavant. Aujourd’hui, je m’engage à sensibiliser mon entourage et à devenir une ambassadrice de cette cause »

Une volonté politique affirmée

À travers cette commémoration, le Cameroun, avec l’appui de partenaires tels que l’UNFPA, l’UNICEF, l’Union européenne, la GIZ et d’autres institutions internationales, réaffirme sa détermination à éradiquer les mutilations génitales féminines d’ici 2030, conformément aux Objectifs de développement durable. Mettre fin aux MGF, c’est protéger les droits des filles, renforcer la cohésion sociale et bâtir une société plus juste, respectueuse de la dignité humaine.

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