La célébration de la 60ᵉ édition de la Fête de la Jeunesse a pris une tournure inattendue dans le 6ᵉ arrondissement de Yaoundé. Ce qui devait être une parade festive et républicaine s’est transformé en un affrontement institutionnel ouvert entre l’autorité administrative et l’exécutif communal, révélant des tensions latentes à forte coloration politique.

Une interdiction qui fait polémique
Le mercredi 11 février 2026, le Sous-préfet de Yaoundé 6, Joseph Etoundi, a formellement interdit le défilé de près de 3 000 jeunes mobilisés par la section RDPC du Mfoundi VI. Cette décision est intervenue à quelques heures seulement de la parade, provoquant incompréhension et frustration chez les organisateurs.
À l’origine de l’interdiction : des maillots distribués par la commune portant le slogan « Le RDPC avec Yoki Onana, la jeunesse s’engage ». Pour l’autorité administrative, cette inscription constitue une personnalisation d’un événement national, assimilable à une opération de pré-campagne électorale, en violation des textes encadrant la neutralité des manifestations publiques.

Selon des sources proches de la Sous-préfecture, autoriser ce défilé aurait créé une rupture d’égalité entre acteurs politiques et ouvert la voie à une instrumentalisation partisane de la Fête de la Jeunesse.
La riposte politique du camp municipal
Du côté de l’Hôtel de Ville, la décision est perçue comme une manœuvre d’obstruction politique. Le Maire Jacques Yoki Onana, figure influente du RDPC local, voit dans cette interdiction une tentative de limiter son expression politique et de fragiliser son ancrage auprès de la jeunesse.
Ses soutiens dénoncent un excès de zèle administratif, estimant que la sanction pénalise avant tout les jeunes de l’arrondissement, privés de leur moment de célébration pour ce qu’ils qualifient de débat politique disproportionné.
Une tension institutionnelle plus profonde
Cet épisode s’inscrit dans un climat de relations tendues entre la commune et sa tutelle administrative. Gestion des marchés, police municipale, occupation de l’espace public : plusieurs dossiers ont, ces derniers mois, cristallisé une méfiance réciproque. Le défilé du 11 février apparaît ainsi comme le point culminant d’une guerre froide institutionnelle, où chaque camp teste les limites de ses prérogatives.
Un signal fort à l’approche des échéances électorales
Au-delà du cas de Yaoundé 6, cette affaire envoie un message clair à l’ensemble des élus locaux. À l’approche des échéances électorales, l’administration territoriale entend faire respecter strictement le principe de neutralité des événements républicains. Le message est sans ambiguïté : l’appartenance partisane ne saurait justifier la personnalisation d’une fête nationale. Pour le Maire Jacques Yoki Onana, cet épisode constitue désormais un test politique majeur, l’obligeant à ajuster sa communication dans un environnement administratif de plus en plus strict.
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