
Un an après le drame de Souledé-Roua, où trois innocents ont été brûlés vifs après avoir été accusés à tort d’appartenir à Boko Haram, la douleur demeure intacte. Entre devoir de mémoire, quête de justice et prévention des violences communautaires, la Nation est interpellée.
Le Cameroun commémore ce jour un anniversaire tragique qui continue de hanter les consciences. À Souledé-Roua, dans le département du Mayo-Tsanaga, trois hommes — Frédéric Mounsi, Dr Bello et le moto-taximan Oumarou Kabalay — ont été lynchés puis brûlés vifs par une foule convaincue, à tort, de leur appartenance à la secte terroriste Boko Haram. Chercheurs en mission, ils étaient venus étudier et comprendre les dynamiques locales. Ils ont trouvé la mort dans un climat de peur, d’insécurité et de rumeurs non vérifiées.Un an après, ce drame reste un symbole glaçant des dérives de la justice populaire et des dangers liés à l’absence d’information fiable.
Au-delà de l’hommage rendu aux victimes, cette commémoration pose avec acuité la question de la responsabilité collective, du rôle des autorités, de la lutte contre l’impunité et de la nécessité de renforcer la sensibilisation des populations. Souledé-Roua rappelle que la sécurité ne peut se construire au prix de vies innocentes et que l’oubli serait une seconde violence.
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