Six ans après l’incendie dévastateur de la Sonara, le Cameroun tente enfin de tourner la page de sa dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés. C’est à Lolabé, dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, que se joue désormais ce pari historique : la construction d’une raffinerie modulaire et d’un terminal de stockage stratégique, sous l’égide de la Société nationale des hydrocarbures.
Le projet porte un nom, CSTAR, et une structure juridique originale. Ce véhicule à usage spécial, constitué en avril 2025 à Dubaï, réunit la SNH (20 %), sa filiale TRADEX (31 %) et le consortium Ariana Energy/RCG (49 %). Ce dernier, en contrepartie de sa participation majoritaire, prend en charge 70 % du financement externe, soit environ 140 millions de dollars sur un coût global de première phase estimé à 200 millions de dollars — quelque 115 milliards de FCFA. BGFIBank Cameroun, dont le capital vient d’être porté à 50 milliards de FCFA, est chargée de structurer le financement régional.
Les ambitions techniques sont à la hauteur de l’enjeu. Sur 250 hectares, la raffinerie traitera jusqu’à 30 000 barils par jour de brut camerounais, principalement issu du champ d’Ebome, soit 1,5 million de tonnes annuelles. Le terminal de stockage adjacent offrira une capacité de 250 000 à 300 000 m³ pour le gasoil, l’essence, le kérosène, le Jet A1 et le fioul lourd.
Sur le terrain, les choses avancent concrètement. En février 2026, les études d’ingénierie affichaient un taux d’exécution de 80 %. La base de vie à Mboro est opérationnelle depuis janvier, et plus de 1 000 spécialistes — chinois et indiens — sont en attente de déploiement. La mise en service commerciale est attendue pour juin 2028, avec à la clé une réduction prévisionnelle de 30 % des importations de carburants finis.
Pour un pays qui exporte son brut et reimporte ses carburants à prix fort, ce chantier n’est pas un simple projet industriel : c’est une question de souveraineté énergétique.
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